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poésie

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Toujours en main, une présence fidèle
Ombre longue et fine au fil des pages
Dessine, attentif témoin d’un autre âge
Le pourtour de chaque mot, empreint de zèle

Ombre longue et fine au fil des pages
Il trace de sa pointe noire si frêle
Le pourtour de chaque mot, empreint de zèle
Court, vole, souligne, et comme un voyage

Il trace de sa pointe noire si frêle
Ce monde entier qui du livre surnage
Court, vole, souligne, et comme un voyage
permet encore mieux d’en distiller tout le miel

Ce monde entier qui du livre surnage,
Toujours en main, une présence fidèle
Sur le papier blanc, et en forme d’arc-en-ciel
Dessine, attentif témoin d’un autre âge.

Image

Univers englouti

sans même une menace
ombre sombre, assombrie

par un songe encore si vivace
une présence à peine endormie
enlace, embrasse, las !

Les saisons se répètent,
les dates s’enchevêtrent
de morts et naissances
et rien ne fait plus sens.

C’était hier, ce sera demain,
peau pétrie de caresses et chagrin
au creux de la mémoire, tenace
quelques perles d’allégresse fugaces,
une goutte,  puis une autre, si pure.

Bonheur ruisselant et désir vainqueur,
la joie s’éteint bientôt sur un murmure,
sur ce regard devenu transparent enfin.
Miroir, il parle, sans mot et sans armure,
avec passion de l’avenir notre sœur
d’un futur proche aux accents latins.

Avoir tout été et n’être plus rien
au monde toujours inconnu
un fantôme un fantasme

Avoir cru,
ombre sombre, assombrie

meurtrie.

*

De son passage, ici et là, bien trop bref,
Une ombre, évanescence voluptueuse
Souffle encore une aura bienheureuse,
Un message éternel inscrit en relief.

Au cœur de la nuit et lorsque tout repose
Dans les draps blancs elle prend la forme du sommeil
Chaude et vivante comme si c’était la veille,
A gorge déployée, chère fraîche et rose

L’éclat de son rire perle goutte à goutte
Rafraichît et permet d’éclairer la route.
Le jour était qu’une promesse, mais partie

Vers les anges, l’éternité l’a embaumée,
dans un voile d’amour et sans plus aucun cri
Pour toujours, absente, à jamais épargnée.

*

Chagall pour sa beauté, son caractère sacré, en hommage, en cadeau.

*

Memory of buried moments
the past, suddenly, smiles at me,
fleeting, in images and colors.


She held the stream of happiness
between her two white teeth,
a rosemary-scented voice,
the scent of the south, of the heart.
Her own land’s accent
sang Provence’s sun,
the lavender fields of France –
nothing Austrian there.
Hand-rolled cigarette
between thumb and index finger
she deftly put a delicate lighter 
back in its box.
Coffee on the table,
the conversation rambling on,
we imagined our tomorrow
of joy, leaning on our dreams.
For books had taught us,
had shown us the path to follow,
the possible, the intoxicating one
aching with future,
towards Bachmann, Celan, Aragon,
as our young minds caught fire.
So it will be, and ever thus,
Life in all its variations!
Here or there, at her place or mine,
a minty Mojito, green and fresh,
to keep us alert,
a pistou, maybe, or who knows what.


« Sagesse » – wisdom- rhymed with her name,
and yet she left in madness,
horribly alone and without friends.
 
*


Translation by Tilde Sankovitch
Thank you….
*

Un air bien de son temps, jeunesse et printemps,
Sourire facile des années insouciantes
Après-guerre radieux, verte innocence
Vierge de soucis et de longs accouchements

Immortalisée sur un cliché noir et blanc,
A jamais tu traverses les générations
Figée là, vole vers toi mon admiration,
Echancrée perles nacrées et robe d’antan

Si belle! C’est ainsi que je veux te garder,
Empêcher la mort pour toujours de t’enlever
Chaque jour de nouveau te lancer un coup d’œil,

Tendre et complice; sentir froid à mon cou
Ta présence chérie consoler mes écueils
Cette alliance immortelle, unique bijou.

*

.Une pierre sur une autre,
L’une à l’autre à jamais liée,
Différente et prête à défier

Le temps,
Le vent,
Le changement.Trois générations rassemblées
Et par l’image retrouvée,
L’odeur de l’enfance perdue
Dans l’histoire d’une tribu,

Coule ciment ciselures
Visages et mains burinés
De travail ou de rire tanné
Regards de famille surannés,

Ta propre architecture.

.