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poésie

Image«Between the folds», le documentaire de l’Américaine Vanessa Gould, sorti en 2008 révèle le monde connu et méconnu de l’origami. Nous sommes loin ici des cocottes en papier que chacun sait plus ou moins faire et expérimente joyeusement en famille. Le papier devient statue, forme géométrique complexe, objet aux mille facettes – un mélange unique de technique et d’émotion.

Plusieurs artistes prennent la parole, parlent de leur découverte de l’origami, de leur fascination et de leur travail incessant pour dompter un art qui semble sans limite. Un pli, puis un autre, des centaines pour les plus experts et la surface s’incarne sous nos yeux.

Le papier prend corps et âme. Il devient sens.

Le documentaire est bref. Il ne dure que 55 minutes et semble ne faire qu’aborder le sujet pour mieux nous le laisser découvrir. On ressort de ce film avec l’envie de créer, de se perdre « entre les plis ». Car c’est bien là que la magie opère, dans cette recherche par l’art d’un moment de grâce et d’un au-delà, situé « entre » les plis.

La tasse de thé de Proust distille son parfum car l’origami aussi est un monde qui se déplie, se multiplie –  une délicieuse mise en abyme qui nous transporte dans l’espace et le temps.

ImageDe froid, de fièvre
On s’enfonce dans le blanc
Tout le corps en feu.

Dans l’air un « Maman ! »
Que crient mille bouches
Se perd dans le froid

Boules de sucre
Pommes rouges de l’enfance
Plaisir fondant

Joyeux cortège
Les rires perlent au vent
Des enfants au jeu.

Luges de couleur
Glissent, souffles et bise
Un Brueghel d’antan.

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Aujourd’hui, bien-sûr. Dans l’étendue limpide qui t’a ravie, tu te reflètes. Au détour de mes promenades, présente et loin, à chaque premier regard le matin, absente et proche. Ce ne sont plus trois mois qui nous séparent mais des années que le temps étire, implacable. Aujourd’hui, bien-sûr, car les dates sont aussi fidèles que cruelles. Pourtant, bien souvent la nuit, je rêve que je ne rêve pas. Joie, alors, des retrouvailles qui n’en sont pas. Le portail s’ouvre, j’avance, tout est possible.

Classe de Littérature Image

Poésie et musique
Alliance Française de Chicago
A partir de septembre 2013 et  tous les mercredis de 19h45 à 21h45

On déclame, on récite, on fait raisonner puis on écoute; enfin la voix porte et l’emporte.
Un poème lu, qu’est-ce? Quelques mots qui saupoudrent le temps, de longs silences qui enveloppent le lecteur, des morceaux de vie arrachés au texte.

On s’y baigne, s’en imprègne, joue à saute-moutons avec les vers ; on comprend soudain l’indicible ou bien laisse mousser les sensations. Car on peut décider de plonger dans les profondeurs ou de simplement nager à la surface.  C’est selon, les aptitudes, les envies. La voix ponctue le sens, ouvre les barrières et donne des possibles.

Un poème lu est un poème en vie.

De la lecture à la chanson, ce n’est plus alors qu’une histoire de rythme. En musique, je propose donc de découvrir la poésie classique, de François Villon à Baudelaire et Aragon….

Groupe de lecture

Nouveau programme Littéraire
Alliance Française
Calendrier 2013-2014

  • 16 septembre et 28 octobre 2013 – Belle du seigneur d’Albert Cohen – 1968
  • 2 décembre 2013 – Heureux les heureux de Yasmina Reza – 2013
  • 27 janvier 2014 – Le roman sur la chute de Rome de Jerôme Ferrari – Goncourt 2012
  • 3 mars 2014 – Les pays de Marie-Hélène Lafon – 2012
  • 21 avril 2014 – Journal d’un corps de Daniel Pennac – 2012
  • 19 mai 2014 – Une année studieuse d’Anne Wiazemsky – 2012

 

Cercle Proust

A la recherche du temps perdu en long en large et en travers.
 Prochaine rencontre : Septembre 2013

 Photo Bettina Frenzel Wienerlied – (de la série Wiener Bilder)

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Je l’ai cherché mais ne l’ai pas trouvé, ici aucun fleuriste n’avait prévu. Je me l’offre donc, ainsi qu’à mes lecteurs, virtuellement.

Je ne sais pas s’il porte vraiment bonheur, mais je sais que son parfum est entêtant, ses clochettes délicates et pures ; qu’il symbolise les premiers beaux jours de l’année et que sa vitalité à survivre, s’étaler, se propager contraste avec son apparente fragilité.

Une cascade de bulbes blanches glisse le long d’une tige légère, elle-même insérée dans un écrin de feuilles vertes et dures, car un brin de muguet vient toujours accompagné et bien entouré, il n’est jamais seul.

Lily of the valley pour les uns, Maiglöckchen pour d’autres, il en a inspiré plusieurs. Je me contenterai de reprendre dans le texte et pour le plaisir de l’entendre le poème d’Eichendorff.

Maiglöckchen

Läuten kaum die Maienglocken,
leise durch den lauen Wind,
hebt ein Knabe froh erschrocken,
aus dem Grase sich geschwind.
Schüttelt in den Blütenflocken,
seine feinen blonden Locken,

Und nun wehen Lerchenlieder
und es schlägt die Nachtigall,
von den Bergen rauschend wieder
kommt der kühle Wasserfall.
Rings im Walde bunt Gefieder,
Frühling ist es wieder
und ein Jauchzen überall.

ImageAvide à vide
En dur endure

Les échos se répercutent

Emois et moi
Délire de lire

Multiples ;

A Dieu adieu
Encore en cœur

Les sons résonnent, se déforment

Essence et sens
Design de signes

En un chassé-croisé de notes

Amère à mer
Envers en verre

Où les mots rebondissent,

Halo à l’eau
Enfer en fer

Sans réponse.

Emaux et maux
Décris de cris

Je parle en silence
J’écris.

ImageAvril ne te découvre pas d’un fil
Nous dit le dicton
Un mois où tout le monde vacille
Chacun sa façon

Un coup à droite, puis un à gauche
En équilibre
Au dessus du vide on chevauche
Tous soudain ivres

De premières chaleur et lumière
Comme hors-la-loi
Le temps, l’espace, la vie celle d’hier
Le cœur en émoi

Entre les possibles et les non dits
Toujours à l’affût
De futures caresses alanguies
Monde défendu

Jusqu’à la lie, on boit ton élixir
Il faut y croire
Aux promesses, prières, à venir
Ne jamais déchoir

Avancer le pas léger, l’air enjoué
Oublier tous ceux
Qui en ces jours, pourquoi, s’en sont allés
De moi, vers les cieux

Ont troqué saison de chrysalide
Ainsi, sans raison,
Leurs enveloppes d’hiver, avides
De beau et de bon

D’un été bien trop long à renaître
Encore incertain
Où la pâle lueur alors traître
Laisse sur la faim.

Ah, si seulement ils avaient attendu
Un peu, car en mai
N’était-il pas clairement dit, entendu
Fais ce qu’il te plaît ?

ImageLa soprano, Nathalie Colas et le pianiste, Daniel Schlosberg, seront le 4 avril 2013 à Chicago (Abraham Lincoln Elementary School – 615 West Kemper Place, Chicago 60614) pour un Récital de mélodies françaises (18h-19h30).

Le programme couvrira des morceaux classiques tirés de poèmes connus ainsi que des chansons plus populaires et fera participer les élèves de l’école franco-américaine de Chicago (EFAC) ainsi que d’Abraham Lincoln Elementary School.

Pour le programme choisi

Lecture : La Tulipe, poème de Robert Desnos

Chant: Le Papillon et la fleur, poème de Victor Hugo       – – –  G. Fauré

 

Lecture : deux fables de Jean de La Fontaine

Chant: Le Corbeau et le Renard – – – –  B. Godard

 

Lecture : L’enfant qui a la tête en l’air, poème de Claude Roy

Chant : quatre chansons pour enfants – – –  F. Poulenc

La tragique histoire du petit René, poème de Jaboune

Nous voulons une petite soeur, poème de Jean Nohain

Le petit garçon trop bien pensant, poème de Jaboune

Monsieur Sans-Souci, poème de Jaboune

** pause **

Chocolat Chaud : morceau chanté par les élèves de la chorale Française de Lincoln

 

Chant : La Pastorale des Cochons Roses, poème d’Edmond Rostand – – –  E. Chabrier

Chant : Villanelle des petits Canards, poème de Rosemonde Gérard

 

Chant : Les feuilles mortes – – –  J. Kosma

Chant : La vie en Rose – – –  M. Monnot

 

Lecture : Les oiseaux perdus, poème de Maurice Carême,

Chant : Romance de l’Etoile, extrait de L’Etoile – – –  E. Chabrier

Chant : «Ah que j’aime les militaires » extrait de La Grande Duchesse de Gerolstein – – –  J. Offenbach

Le soprano en quelques mots 

Nathalie Colas est née à Strasbourg, en France. Elle est diplômée de l’université de DePaul School of Music à Chicago. Elle est aussi titulaire d’un master de chant classique et de musique de chambre baroque du Conservatoire Royal de Bruxelles, en Belgique ainsi que d’un master du Studio d’Opéra, de l’Université des Arts de Berne, en Suisse.
Dans le cadre de la classe Internationale de Lied d’Udo Reinemann à Bruxelles, Nathalie a étudié la mélodie et le Lied avec, entre autres, Edith Wiens, Roger Vignoles et Hartmut Holl.

Son répertoire est riche et varié.

Elle a interprété pour l’opéra les rôles de:

–       Despina, dans Cosi Fan Tutte de Mozart

–       Julia dans Romeo und Julia de Boris Blacher

–       Serpina dans Il Curioso Indiscreto d’Anfossi

–       Rosina dans Il Barbiere di Siviglia de Paisiello

–       Alceste dans Antigona de Myslivecek

–       Amaryllis dans Dido and Aneneas de Purcell

Elle a chanté en tant que soliste de concert:

–       la Trauerode de J-S Bach

–       la Messe en ut de F.X. Richter

–       la Messe Solennelle de Gounod

–       le Requiem de Dvorak

–       la Messe en Si de Schubert

–       une série de concert du « Chicago Bach Ensemble », cantates BWW 82 et BWV57

Elle est aussi l’une des solistes du « Fonema Consort », ensemble de musique contemporaine de Chicago.

Elle a participé enfin aux créations d’œuvres d’Aperghis, de Dusapin et de Christophe Bertrand et réalisé un enregistrement de créations par de jeunes compositeurs européens avec l’ensemble vocal “Voix de Stras”.

Pour plus d’info, voir son site: http://www.nathalie-colas.com/

Image

Toujours en main, une présence fidèle
Ombre longue et fine au fil des pages
Dessine, attentif témoin d’un autre âge
Le pourtour de chaque mot, empreint de zèle

Ombre longue et fine au fil des pages
Il trace de sa pointe noire si frêle
Le pourtour de chaque mot, empreint de zèle
Court, vole, souligne, et comme un voyage

Il trace de sa pointe noire si frêle
Ce monde entier qui du livre surnage
Court, vole, souligne, et comme un voyage
permet encore mieux d’en distiller tout le miel

Ce monde entier qui du livre surnage,
Toujours en main, une présence fidèle
Sur le papier blanc, et en forme d’arc-en-ciel
Dessine, attentif témoin d’un autre âge.

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Univers englouti

sans même une menace
ombre sombre, assombrie

par un songe encore si vivace
une présence à peine endormie
enlace, embrasse, las !

Les saisons se répètent,
les dates s’enchevêtrent
de morts et naissances
et rien ne fait plus sens.

C’était hier, ce sera demain,
peau pétrie de caresses et chagrin
au creux de la mémoire, tenace
quelques perles d’allégresse fugaces,
une goutte,  puis une autre, si pure.

Bonheur ruisselant et désir vainqueur,
la joie s’éteint bientôt sur un murmure,
sur ce regard devenu transparent enfin.
Miroir, il parle, sans mot et sans armure,
avec passion de l’avenir notre sœur
d’un futur proche aux accents latins.

Avoir tout été et n’être plus rien
au monde toujours inconnu
un fantôme un fantasme

Avoir cru,
ombre sombre, assombrie

meurtrie.