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Dans une ville quelque part en France, des personnes anonymes répondent à une annonce et viennent pendant six semaines dans un appartement presque vide s’épancher auprès d’une romancière qui, les yeux bandés, les écoute. Elles lui confient leurs secrets, leurs peurs, leurs regrets, leurs hontes, leurs envies, leurs fantasmes, leurs mensonges ou leurs rêves.  Le soir seulement la romancière prend des notes de mémoire sur la journée écoulée.

De cette matière brute, enfouie/resurgie, inavouée/inavouable, naîtront plus tard 48 histoires sous forme de vignettes allant de quelques lignes à plusieurs pages.

Tour à tour banales ou extraordinaires, comiques ou tragiques, les histoires s’égrènent et la question demeure : Mais qui sommes-nous ?

Marie Nimier signe un projet original qui flirte avec la réalité et l’imaginaire. L’auteure- confesseure-magicienne-conteuse-thérapeute-sociologue… interroge le rapport de la parole et de l’écriture et en tire un livre troublant qui captive et intrigue.

Marie Nimier répondra à nos questions dans un entretien vendredi 15 novembre à 14h30 à l’Alliance Française de Chicago.

Marie Nimier

 

Lors du salon de livre de l’Alliance Française de Chicago, samedi 9 mars 2019, j’aurai l’honneur de m’entretenir avec l’auteur, M. Azouz Begag.

Son premier roman Le Gone du Chaâba raconte une enfance vécue dans les bidonvilles de Lyon. « Un livre touchant et drôle qui pose l’indéracinable problème de l’identité, de l’appartenance et du racisme ». Après avoir rencontré un succès considérable, le livre est adapté au cinéma par Christophe Ruggia et obtient le grand prix du festival de Cannes Junior en 1997.

Son dernier ouvrage Mémoires au soleil paraît en 2018 et nous décrit la maladie d’Ali Zaïmeur « comme disent les copains (de Bouzid) au Café du Soleil ». Bouzid, le père du narrateur Azouz, souffre de cette maladie « qui mange les souvenirs des gens, déjà qu’on n’en avait pas beaucoup ». Un récit émouvant aux dimensions historiques, linguistiques et philosophiques.

Entre ces deux ouvrages phares, l’auteur Azouz Begag, né à Lyon dans une famille d’immigrés algériens, réussit une carrière unique d’écrivain, de professeur, de sociologue, de chercheur au CNRS et d’homme politique. Militant de la cause des cités et des banlieues, il est parrain de l’ONG Bibliothèques Sans Frontières qui œuvre pour l’accès au savoir et l’appui aux bibliothèques en France et à travers le monde. Il devient Ministre pour la promotion de l’égalité des chances dans le gouvernement Villepin de 2005 à 2007.

Azouz Begag a également été nommé Chevalier de l’ordre national du Mérite et Chevalier de la Légion d’honneur.

Un échange qui promet d’être riche et passionnant.

 Alliance Française de Chicago – Salon du livre, samedi 9 mars 2019 à partir de 14h.

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Delerm*
Dernier Delerm, et nonobstant l’évocation que mes oreilles germaniques y perçoivent, le bruit se résume aux échos du monde, aux brides de mots volés dans la rue ou au coin d’une tablée entre amis.
Il s’apparente surtout à la rumeur de la pluie, comme elle à la fois douce et irritante.

Fascinés, on entend, on regarde, on se laisse mener d’une scénette à l’autre, revivant des tableaux du passé, reconnaissant le sourire aux lèvres et les yeux brillants des situations ô combien familières. Nous sommes en famille, en visite ou soirée, assis au cinéma, chez le coiffeur, à faire la queue chez un commerçant, ou encore en voyage dans le Pouliguen ou ailleurs – le décor et les costumes changent, cependant le spectacle reste le même.

« Et vous avez eu beau temps ? », un recueil de soixante-dix vignettes qui a une saveur qui n’est pas sans rappeler la dernière gorgée de bière. D’emblée, l’interrogation est posée et derrière d’apparentes banalités, il s’agit de questionner les signes, le mystère du langage, comprendre ce qui est dit mais surtout ce qui ne l’est pas. Deux pages suffisent pour croquer un microcosme social, pour déjouer les pièges du discours policé ou populaire. La forme brève, le ton enjoué, la critique de mœurs et les réflexions morales s’inscrivent dans la tradition des moralistes français. Certains passages se rapprochent de la maxime et font mouche : « L’honnêteté, une vertu qui semble d’évidence pour ceux qui la pratiquent, et fait jeter le voile de la méfiance sur ceux qui la revendiquent » ou « Je vaux ce qu’on m’estime, et ne suis pas assez orgueilleux pour mépriser toutes les vanités », ou encore : « Aimer, c’est avoir quelqu’un à perdre, c’est donc avoir peur ».

Désinvolte, amusé, parfois un tantinet piquant, Delerm lève les masques, montre le dessous des phrases anodines : « pour être tout à fait honnête avec toi » « on peut peut-être se tutoyer ? », « c’est pas pour dire, mais », « abruti, va ! ».
Ah ! Les coulisses du langage, pour qui sait écouter et décoder.

D’humeur polissonne et tous les sens en alerte, le lecteur butine, badine, lutine. Trois verbes certes un peu désuets, mais qui donnent bien le ton d’un texte toujours léger, au vocabulaire choisi voire précieux, aux envolées lyriques : « C’est le milieu de l’après-midi, une heure sans heure, alentie par la chaleur », un texte enfin qui sait transmettre avec humour la fraîcheur du discours sans pour autant en être dupe.

Lire Delerm, c’est partager un moment de plaisir (se faire plaisir) et surtout ne rien prendre pour argent comptant.

« Avec l’architecture, nous pouvons faire beaucoup plus que créer de simples bâtiments. Nous pouvons aider à améliorer cette planète que nous partageons tous. »
– Jeanne Gang

Jeanne Gang Flyer 2

Que ce soit pour l’Ambassade des Etats Unis au Brésil, un hangar à bateaux sur les rives de la Chicago River ou l’Aqua Tower, une tour d’habitation qui ignore résolument le carré, les réalisations de Jeanne Gang n’ont pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller.

C’est à partir de ses bureaux d’urbanisme et d’architecture à Chicago et New York que le Studio Gang défit les conventions avec une pratique qui intègre individu, communauté et environnement.

Mais tout ceci, vous le saviez déjà. Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que Jeanne Gang a également étudié à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture à Versailles et qu’après avoir obtenu son diplôme à la « Harvard Graduate School of Design », elle a travaillé à Rotterdam de 1993 à 1995 avec Rem Koolhaus à des projets réalisés ensuite en France.

C’est donc dans la langue de Molière que nous aurons le plaisir d’entendre l’une des grandes personnalités du monde de l’architecture nous parler de ses années de formation en France, de ses réalisations à Chicago et partout ailleurs, de sa philosophie ainsi que des défis que posent sa vision et sa pratique de l’architecture.

Ce programme fait partie de la biennale d’architecture de Chicago.