Dans une ville quelque part en France, des personnes anonymes répondent à une annonce et viennent pendant six semaines dans un appartement presque vide s’épancher auprès d’une romancière qui, les yeux bandés, les écoute. Elles lui confient leurs secrets, leurs peurs, leurs regrets, leurs hontes, leurs envies, leurs fantasmes, leurs mensonges ou leurs rêves.  Le soir seulement la romancière prend des notes de mémoire sur la journée écoulée.

De cette matière brute, enfouie/resurgie, inavouée/inavouable, naîtront plus tard 48 histoires sous forme de vignettes allant de quelques lignes à plusieurs pages.

Tour à tour banales ou extraordinaires, comiques ou tragiques, les histoires s’égrènent et la question demeure : Mais qui sommes-nous ?

Marie Nimier signe un projet original qui flirte avec la réalité et l’imaginaire. L’auteure- confesseure-magicienne-conteuse-thérapeute-sociologue… interroge le rapport de la parole et de l’écriture et en tire un livre troublant qui captive et intrigue.

Marie Nimier répondra à nos questions dans un entretien vendredi 15 novembre à 14h30 à l’Alliance Française de Chicago.

Marie Nimier

Fleurs origami

Groupe de lecture
Programme littéraire

Alliance Française
 – Calendrier 2019-2020

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  • 16 septembre 2019 : Au delà des frontières d’Andréï Makine (2019)
  • 28 octobre 2019 : le Sillon de Valérie Manteau (2018)
  • 02 décembre 2019 : Sérotonine de Michel Houellebecq (2019)
  • 6 janvier 2020 : L’évangile selong Yong Sheng de Dai Sijie (2019)
  • 10 février 2020 : Frères sorcières d’Antoine Volodine (2019)
  • 16 mars 2020 : Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard (2018)
  • 20 avril 2020 : La promesse de l’aube de Romain Gary (1960)
  • 18 mai 2020 : Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé (2019)

 

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Le printemps nous échappe; on émerge avec difficulté de sa chrysalide d’hiver mais on revit au passage des auteurs. C’est avec joie que nous accueillerons à l’Alliance Française de Chicago vendredi 3 mai Laurent Gaudé, Lauréat du Prix Goncourt en 2004 pour Le soleil des Scorta, roman traduit dans 34 pays.

A l’occasion de cet entretien, il nous présentera son œuvre la plus récente et son dixième roman, Salina, les trois exils paru aux éditions Actes Sud en France, ainsi que Ecoutez nos défaites, qui vient de paraître aux Etats-Unis sous le titre Hear our Defeats (2019, Europa Editions).

 

Salina, les trois exils (2018)

Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende. 

Ecoutez nos défaites (2016)

Il a mené des opérations pour les renseignements français de Bamako à Genève, de Beyrouth à Tanger. Il a vu des régimes tomber, des peuples se relever, des hommes mourir. Aujourd’hui, Assem Graïeb est fatigué. La mission qu’il accepte est peut-être la dernière : retrouver un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics.

 

Né en 1972, Laurent Gaudé a fait des études de Lettres Modernes et d’Etudes Théâtrales à Paris. En 1997, il publie sa première pièce, Onysos le furieux, à Théâtre Ouvert. Ce premier texte sera monté en 2000 au Théâtre National de Strasbourg dans une mise en scène de Yannis Kokkos.

Suivront alors des années consacrées à l’écriture théâtrale, avec notamment Pluie de cendres, jouée au Studio de la Comédie Française, Combat de Possédés, traduite et jouée en Allemagne, Médée Kali, jouée au Théâtre du Rond-Point, Les Sacrifiées, créée au Théâtre des Amandiers à Nanterre, Caillasses, créée au Théâtre du peuple à Bussang, ou Danse, Morob, créée à Dublin.

Parallèlement à ce travail, Laurent Gaudé se lance dans l’écriture romanesque. En 2001, âgé de vingt-neuf ans, il publie son premier roman, Cris. L’année suivante, en 2002, il obtient le Prix Goncourt des Lycéens et le prix des Libraires avec La mort du roi Tsongor. En 2004, il est lauréat du Prix Goncourt pour Le soleil des Scorta. Romancier et dramaturge, Laurent Gaudé est aussi auteur de nouvelles, d’un beau livre avec le photographe Oan Kim, d’un album pour enfants, de scénario. Il s’essaie à toutes ces formes pour le plaisir d’explorer sans cesse le vaste territoire de l’imaginaire et de l’écriture.

L’entretien aura lieu en français et sera suivi d’une vente de livres (en français et en anglais) ainsi que d’une séance de dédicace avec l’auteur.

 

 

AlainMabanckou

EUNIC – European Union National Institutes for Culture
“EUNIC’s mission is to promote European values and to contribute to cultural diversity inside and outside of the EU through collaboration between European cultural institutes. EUNIC’s aim is to expand the role of culture in Europe and to strengthen cultural dialogue, exchange and sustainable cooperation worldwide.”

 

Lors du salon de livre de l’Alliance Française de Chicago, samedi 9 mars 2019, j’aurai l’honneur de m’entretenir avec l’auteur, M. Azouz Begag.

Son premier roman Le Gone du Chaâba raconte une enfance vécue dans les bidonvilles de Lyon. « Un livre touchant et drôle qui pose l’indéracinable problème de l’identité, de l’appartenance et du racisme ». Après avoir rencontré un succès considérable, le livre est adapté au cinéma par Christophe Ruggia et obtient le grand prix du festival de Cannes Junior en 1997.

Son dernier ouvrage Mémoires au soleil paraît en 2018 et nous décrit la maladie d’Ali Zaïmeur « comme disent les copains (de Bouzid) au Café du Soleil ». Bouzid, le père du narrateur Azouz, souffre de cette maladie « qui mange les souvenirs des gens, déjà qu’on n’en avait pas beaucoup ». Un récit émouvant aux dimensions historiques, linguistiques et philosophiques.

Entre ces deux ouvrages phares, l’auteur Azouz Begag, né à Lyon dans une famille d’immigrés algériens, réussit une carrière unique d’écrivain, de professeur, de sociologue, de chercheur au CNRS et d’homme politique. Militant de la cause des cités et des banlieues, il est parrain de l’ONG Bibliothèques Sans Frontières qui œuvre pour l’accès au savoir et l’appui aux bibliothèques en France et à travers le monde. Il devient Ministre pour la promotion de l’égalité des chances dans le gouvernement Villepin de 2005 à 2007.

Azouz Begag a également été nommé Chevalier de l’ordre national du Mérite et Chevalier de la Légion d’honneur.

Un échange qui promet d’être riche et passionnant.

 Alliance Française de Chicago – Salon du livre, samedi 9 mars 2019 à partir de 14h.

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On y arrive par une petite route de campagne flanquée de longues barrières blanches derrière lesquelles des chevaux attendent d’être montés. C’est une enfilade de prés dans un espace vallonné. L’autoroute bruyante est déjà loin ; les voitures se font rares et les maisons sont de plus en plus espacées. Elles bordent le bas côté, ou trônent plus imposantes au sommet d’une allée. Nous sommes dans le Kentucky, à quelques heures de Chicago, et bientôt sur la gauche une pancarte indique le but du voyage : Shaker Village of Pleasant Hill.

Le village en question se compose d’une trentaine de bâtisses, en bois et en briques, certaines petites d’autres grandes, séparées par un chemin de terre et par des clôtures faites de pierres savamment empilées ; de hangars aux charpentes massives, de quelques enclos cultivés et d’un cimetière où reposent les derniers habitants du lieu. Car il n’y a plus d’occupants depuis 1923 et Shaker Village est maintenant un gîte, un lieu de retraite pour celles et ceux qui souhaitent se ressourcer. On y séjourne en famille, seul ou en groupe et savoure un endroit hors du temps, propice au silence et à la réflexion.

Plaisant Hill fut fondé au début du 19esiècle par une poignée de croyants venus de New England. Leur foi se basait sur un christianisme ascétique aux règles strictes dont les trois grands axes étaient: travail, célibat et spiritualité.

A l’origine, il y a Ann Lee, alias « Mother Ann », une ouvrière analphabète qui en 1774 fuit l’Angleterre et s’installe sur la côte Est pour y pratiquer la religion qui s’est imposée à elle lors d’une vision. Elle y crée la première communauté Shaker ; ce nom est donné en raison des danses extatiques exécutées par les fidèles lors du culte (de l’anglais « shake » signifiant « vibrer » ou « trembler »).  L’austérité de la vie shaker n’arrête cependant pas les adeptes qui, séduits par la sincérité et par les valeurs des Shakers, rejoignent en masse la nouvelle utopie religieuse.

A son apogée en 1840, on compte plus de six mille membres répartis dans dix-neuf communautés dans des états comme le Maine, Vermont, New Hampshire, Massachussetts, Connecticut, Ohio, Indiana et Kentucky. Des familles rejoignent les Shakers et acceptent de troquer leur statut d’époux et d’épouse pour celui de frère et sœur ; les hommes vivent d’un côté, les femmes de l’autre ;  les enfants sont ensemble sous la supervision de quelques adultes. Chaque maison est dotée d’une double entrée avec deux cages d’escaliers distinctes afin de respecter la stricte séparation des sexes. En revanche, les droits échus aux membres sont exactement les mêmes, pour les hommes comme pour les femmes, et ce indépendamment de leur couleur de peau (rappelons au passage que l’abolition de l’esclavage ne sera proclamée qu’en 1865 et que le droit de vote des femmes sera ratifié en 1920 seulement !)

Les journées à Plaisant Hill commencent tôt et sont ponctuées par le travail – un travail manuel mais aussi intellectuel et spirituel. Certains sont fermiers, charpentiers, apiculteurs, boulangers, cuisiniers, tisserands; d’autres chimistes, instituteurs, herboristes, architectes voire inventeurs car tout ce qui peut alléger la tâche quotidienne et apporter plus de plaisir est loué. Et pour que tous puissent développer leurs talents et maîtriser plusieurs métiers, les tâches de chacun alternent régulièrement. On prête aux Shakers plusieurs innovations, celles des tissus imperméables, des vêtements ne nécessitant aucun repassage, de la pince à linge en bois, du balai plat ou encore de la machine à laver; la première scie circulaire aurait également été inventée par une femme shaker. Le village est un des premiers à avoir l’eau courante et l’hygiène fait partie des pratiques quotidiennes. Les travaux sont dignifiés ; exécutés avec respect et soin, ils deviennent en quelque sorte une façon de rendre hommage à dieu.

Ainsi, les Shakers construisent leurs maisons, fabriquent leurs meubles, tissent et cousent leurs vêtements – Tout est simple, ordonné et efficace, sans aucun ornement. Ils cultivent pour se nourrir et vendent leurs produits à l’extérieur de la communauté. Les rituels rythment la vie de tous les jours, une façon peut-être de mieux discipliner les corps et de sublimer les interdits. Les services religieux sont fréquents et ils ont lieu dans le « Meeting House» où tous se retrouvent alors: hommes, femmes et enfants. Ils prient, chantent et dansent, parfois pendant des heures – la musique et la danse étant perçues comme d’autres moyens de se rapprocher de dieu.

Ce qui frappe lorsqu’on reste à Plaisant Hill, c’est la beauté sobre de l’architecture et la modernité des valeurs shakers; ce sont les lignes épurées des escaliers droits ou en colimaçon, la clarté minimaliste des chambres, la rigueur patinée des commodes, l’habilité des boîtes en bois de toutes tailles pour y ranger vêtements et objets, l’ingéniosité des patères qui courent le long des murs afin d’y accrocher manteaux, chandeliers ou chaises.

Shaker Village of Pleasant Hill, c’est un lieu à part où intelligence rime avec perfection et harmonie et où en conséquence, il fait parfois bon se retirer.
(https://shakervillageky.org)

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