Archive

Tag Archives: critique

Not One Day -GarrétaEUNIC – European Union National Institutes for Culture
“EUNIC’s mission is to promote European values and to contribute to cultural diversity inside and outside of the EU through collaboration between European cultural institutes. EUNIC’s aim is to expand the role of culture in Europe and to strengthen cultural dialogue, exchange and sustainable cooperation worldwide.”

AF Oh là là, j'adore

*

Groupe de lecture
Programme littéraire
Alliance Française
 – Calendrier 2018-2019

*

  • 17 septembre 2018 : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître (parution 2018)
  • 05 novembre 2018 : L’art de perdre d’Alice Zeniter (2017)
  • 03 décembre 2018 : Un personnage de roman de Philippe Besson (2017)
  • 7 janvier 2019 : Article 353 du code pénal de Tanguy Viel (2017)
  • 11 février 2019 : Sexe et mensonges de Leïla Slimani (2017)
  • 11 mars 2019 : Le lambeau de Philippe Lançon (2018)
  • 08 avril 2019 : Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas (2017)
  • 13 mai 2019 : Et vous avez eu beau temps ? de Philippe Delerm (2017)

Screen Shot 2018-05-23 at 11.58.17 AM*

Lucy Pilgrim, c’est comme son nom l’évoque: la lumière et le voyage. Adolescente rebelle et fantasque, elle quitte son village d’Iowa pour se lancer dans une carrière de mannequin internationale. Ses aventures l’emportent de New York à Tokyo, Barcelone, Hong Kong et finalement Paris avant de la ramener vers ses racines et de lourds secrets familiaux.Lucy

Lucy, go see est l’histoire d’une quête initiatique, d’un cheminement vers la liberté mais aussi de l’acceptation de son passé et de ses propres désirs.

Marianne Maili, originaire d’Iowa, a un doctorat en littérature de l’Université de Barcelone. Pendant de nombreuses années elle a travaillé en tant que mannequin et actrice à Paris ainsi que dans plusieurs autres pays d’Europe et d’Asie. Marianne a pris la nationalité française et vit entre Chicago et Paris. Elle se dédie à l’écriture, l’enseignement, la traduction ainsi qu’à l’édition. Marianne parle couramment anglais, français et espagnol.

Alliance Française, mardi 12 juin 2018 à 18h30, la discussion sera animée par Isabelle David (conversation en anglais, questions/réponses en anglais et français)

Delerm*
Dernier Delerm, et nonobstant l’évocation que mes oreilles germaniques y perçoivent, le bruit se résume aux échos du monde, aux brides de mots volés dans la rue ou au coin d’une tablée entre amis.
Il s’apparente surtout à la rumeur de la pluie, comme elle à la fois douce et irritante.

Fascinés, on entend, on regarde, on se laisse mener d’une scénette à l’autre, revivant des tableaux du passé, reconnaissant le sourire aux lèvres et les yeux brillants des situations ô combien familières. Nous sommes en famille, en visite ou soirée, assis au cinéma, chez le coiffeur, à faire la queue chez un commerçant, ou encore en voyage dans le Pouliguen ou ailleurs – le décor et les costumes changent, cependant le spectacle reste le même.

« Et vous avez eu beau temps ? », un recueil de soixante-dix vignettes qui a une saveur qui n’est pas sans rappeler la dernière gorgée de bière. D’emblée, l’interrogation est posée et derrière d’apparentes banalités, il s’agit de questionner les signes, le mystère du langage, comprendre ce qui est dit mais surtout ce qui ne l’est pas. Deux pages suffisent pour croquer un microcosme social, pour déjouer les pièges du discours policé ou populaire. La forme brève, le ton enjoué, la critique de mœurs et les réflexions morales s’inscrivent dans la tradition des moralistes français. Certains passages se rapprochent de la maxime et font mouche : « L’honnêteté, une vertu qui semble d’évidence pour ceux qui la pratiquent, et fait jeter le voile de la méfiance sur ceux qui la revendiquent » ou « Je vaux ce qu’on m’estime, et ne suis pas assez orgueilleux pour mépriser toutes les vanités », ou encore : « Aimer, c’est avoir quelqu’un à perdre, c’est donc avoir peur ».

Désinvolte, amusé, parfois un tantinet piquant, Delerm lève les masques, montre le dessous des phrases anodines : « pour être tout à fait honnête avec toi » « on peut peut-être se tutoyer ? », « c’est pas pour dire, mais », « abruti, va ! ».
Ah ! Les coulisses du langage, pour qui sait écouter et décoder.

D’humeur polissonne et tous les sens en alerte, le lecteur butine, badine, lutine. Trois verbes certes un peu désuets, mais qui donnent bien le ton d’un texte toujours léger, au vocabulaire choisi voire précieux, aux envolées lyriques : « C’est le milieu de l’après-midi, une heure sans heure, alentie par la chaleur », un texte enfin qui sait transmettre avec humour la fraîcheur du discours sans pour autant en être dupe.

Lire Delerm, c’est partager un moment de plaisir (se faire plaisir) et surtout ne rien prendre pour argent comptant.