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Une exposition est consacrée à l’œuvre de Louise Bourgeois sur Eugénie Grandet et la fascination que lui inspire ce personnage balzacien.
Elle se déroule à la maison de Balzac jusqu’au 6 février 2011, 47, rue Raynouard, Paris 16e.
Artiste et sculpteur franco-américaine, Louise Bourgeois est morte à New York en mai dernier à l’age de 98 ans alors qu’elle venait d’achever un travail sur l’héroïne de Balzac. Célébrée au niveau mondial elle est surtout connue pour ses sculptures géantes, très empreintes d’éléments autobiographiques et psychologiques. L’œuvre qui vient à l’esprit de tous est probablement l’araignée d’acier gigantesque intitulée Maman et réalisée en hommage à sa mère, celle qui tisse les liens, symbolise la grandeur, la force et de façon ultime celle qui protége.

Parce que la figure d’Eugénie, étouffée puis finalement brisée par un père dominateur, lui rappelle douloureusement la sienne, l’artiste s’identifie au personnage et retravaille son propre passé, ses blessures, à travers gravures, peintures, compositions et petites pièces de broderie.

La maison musée de Balzac située dans le seizième arrondissement, étroite et sombre, souligne avec justesse le sentiment d’oppression, de solitude et de mélancolie évoqué par la vie d’Eugénie et illustré par les œuvres de Bourgeois.

L’expression est trop belle pour ne pas être réutilisée – rançon courante du succès. C’est donc également sous l’expression désuète et proustienne de « madeleine musicale » empruntée à radio classique que j’évoquerai en passant mon dernier engouement : les oeuvres pour violoncelle et piano de Gabriel Fauré.

Quelques repères aideront à situer Fauré. Compositeur français né en 1845, il meurt en 1924 à Paris. Ancien élève de Saint Saëns, il devient maître de chapelle à la Madeleine, puis directeur du Conservatoire, succédant à Massenet comme professeur de composition.

Il a pour élève Maurice Ravel et il est bientôt reconnu avec Debussy l’un des plus importants représentants de la musique de chambre française. Atteint, comme Beethoven un siècle plus tôt, de surdité il continue cependant à composer jusqu’à la fin de sa vie.

Son œuvre la plus connue est sans doute Elégie, écrite alors qu’il sort d’une violente déception amoureuse. Plainte et douleur s’expriment ici avec pudeur et mélancolie. L’émotion est complexe ; on y perçoit tout à la fois sensualité, passion, colère, résignation et lassitude. Poignantes, lancinantes, les notes sondent les profondeurs de l’âme humaine. Elles sont fluides et sans sentimentalité.

Une même intensité, dans la sonate n°2 pour violoncelle opus 117 aux mouvements alternativement lents et rapides.
Ma préférence va pour l’Andante, merveilleuse.

Subjuguée par l’écoute, répétée, en boucle même depuis des jours, des Arias de Bach chantées par Magdalena Kozena, mezzo-soprano tchèque. Une voix capable d’émouvoir aux larmes, dans une interprétation à la fois limpide et complexe. De nouveau émerveillée de constater que la beauté existe et qu’elle est accessible à tous, si facilement. Si je devais à la Perec dresser des listes et créer des définitions, alors assurément à l’entrée «extase », cette voix y aurait sa place.

A propos et pour répondre à certaines interrogations sur le titre de ce blog, le choix de « Sur un livre perchée» est un clin d’œil à trois œuvres :

• La Fontaine tout d’abord et bien sûr dans sa célèbre fable Le Corbeau et le Renard
« Maître corbeau sur un arbre perché tenait en son bec un fromage… »

• Italo Calvino, ensuite avec Le baron perché (Il Barone Rampante)
Conte philosophique mettant en scène un jeune garçon qui se rebelle contre la famille, la société, grimpe dans les arbres et refuse alors d’en descendre.

• Marcel Aymé enfin dans Les contes du chat perché
Contes très populaires, particulièrement chers à mon enfance, mettant en scène deux petites filles, Delphine et Marinette, qui vivent dans une ferme, parlent le langage des animaux et avec innocence interrogent et s’interrogent sur le monde qui les entoure.

Imagination, nostalgie, récits, contes, affabulations, réflexion, rébellion, analyse,…..tout cela donc et beaucoup plus encore.