Harpe3Isabelle Olivier harpiste et compositrice prépare avec l’Ecole Franco-Américaine de Chicago (EFAC) un spectacle «  Don’t worry, be haRpy » librement adapté du Baron perché d’Italo Calvino, l’opéra sur lequel elle travaille actuellement.

Histoire

Nous sommes en Ligurie, au 18e siècle. Côme, un petit aristocrate de 12 ans, refuse de manger le plat d’escargot que ses parents lui servent. Il se rebelle, s’échappe en grimpant dans un arbre et décide de ne plus jamais en descendre.

We are in Liguria, in the 18th century. Côme, a young aristocrat- only 12 years old, refuses to eat the snail dish that his parents serve him. He rebels, escaping by climbing a tree and decides never to come down.

« Côme Laverse du Rondeau
Il vécut dans les arbres
Aima toujours la terre
Monta au ciel »
Italo Calvino

Programme :

Intro Oiseau – chants 

Lunch – danse

Texte

Alone in a Tree – harpe solo

Tribal Dance – bruitage

Rock it – harpe solo

Côme – harpe solo

Forest Mood – texte, danses

Waltz – danse, instruments (piano, clarinette, violoncelle)

Abstraction – improvisation instruments

Blues – harpe solo

Côme back – chants

Final – chants, instruments

Chicago, mercredi 25 février 2015 à 18 heures (Auditorium d’Abraham Lincoln Elementary School)

photo avion nuitUn morceau de verre éclate.
Sans doute un bruit de l’extérieur venu se fracasser sur la paroi des songes. L’image disparaît emportant avec elle les derniers lambeaux de lueurs et l’illusion du bonheur.
Lentement, dans le noir, tout reprend forme.

La chambre est froide, comme inhabitée.
Est-ce l’heure de ceux qui rentrent tard ou bien des autres qui se lèvent tôt ?

Attrapée en elle-même, la pensée virevolte. Saute-mouton sans pattes, rien n’avance plus. Tout semble opaque, infranchissable ; l’atmosphère est moite et l’esprit englué dans une nasse. Le temps s’étire, lascivement.

L’espace se résume au lit devenu l’ennemi.
A gauche, à droite, sur le dos, puis le ventre.

Le corps lourd et maladroit cherche des poses, aimerait tant s’oublier et de nouveau pouvoir sombrer. Le fleuve des évènements coule, des visages connus s’y reflètent. Ces voix familières résonnent encore, un écho insaisissable cependant.

A gauche, à droite, sur le dos, puis le ventre.
Les minutes, puis les heures tombent, sans pitié et l’angoisse, indéfinie, tâtonne. Elle rampe, se rapproche. Sa menace est réelle.

Alors, le pouls dans les paupières, je fuis et quitte pour de bon la chaleur du repos.

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Limonov, roman éponyme paru en 2011 d’Emmanuel Carrère (Prix Renaudot) retrace à la fois la vie d’un homme hors du commun, Edouard Veniaminovitch Savenko, ainsi que l’histoire mouvementée de la Russie, de 1943 à nos jours.

Ecrivain, dissident, aventurier, voyou, prisonnier politique, homme d’action, soldat, clochard, domestique, chef politique, journaliste, candidat à la présidence de la Russie….les étiquettes sont multiples et aucune ne semble pouvoir capter la personnalité ambiguë de ce anti-héros russe.

Le cours proposera un voyage dans le temps et l’Histoire, à travers trois villes phares: Moscou, New York et Paris.

Alliance Française de Chicago – cours de littérature : Limonov d’Emmanuel Carrère
Du 11 février au 1er Avril (19h45 – 21h15)

Bibliothèque

De la bibliothèque d’Alexandrie à la Bibliothèque Nationale de France ou la New York Public Library, les bibliothèques reflètent l’histoire de la civilisation. Espaces publics ou privés, elles sont les cathédrales de l’esprit. À la fois stimulantes et intimidantes, elles constituent le lieu magique et mystérieux de l’imagination, le labyrinthe infini de la pensée, où lecteurs et écrivains puisent inspiration et consolation.
Le cours mettra l’accent sur ​​notre relation aux bibliothèques à travers un parcours littéraire et architectural.

Alliance française de Chicago – mercredi de 19h45 à 21h15

Image

La première fois, c’est d’un ange qu’il était question, de bonté et d’intelligence. Une ombre du passé que la voix ne pouvait nommer sans légèrement chevroter.

Image amorcée, vague et mystérieuse.

Le temps passant, l’inconnue prit la forme en couleurs d’une jeune femme, radieuse, à la peau cuivrée et aux yeux pétillants d’énergie.
Bien campée sur deux pieds, le regard ici et là souriait à la caméra; franc et confiant, il était si loin d’anticiper l’avenir, celui qui commençait à peine.
Car ensemble, ils seraient heureux, d’un bonheur tout neuf et conquis de haute lutte.

Jeune, jolie, joyeuse.

Puis un blanc,
De jours sans retour,
Un an, puis bien d’autres,
Esprit noyé dans un corps en dérive,
Sans parole, sans voix.
Proches en folie, de haine meurtris ;
Le filet des machines, seul, dicte le temps.

Si fragile, si seule.

La toile vient de rompre.
Tout bruit s’est tu.
Enfin à elle revenue,
Elle est de nouveau l’ange du début,
Son humanité retrouvée,
Une douce présence que rien ne saurait plus altérer.

“Du lächelst, Rosendüfte wehen
In dieser dumpfen Felsenkluft.”