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beauté

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Ils prennent forme sur l’émail blanc. Perdus souvent au milieu du désert, ils s’étirent sur le plat, s’élancent vers le ciel ou bien se tiennent tout fiers en bordure parfois. On voudrait qu’ils occupent plus d’espace ou qu’ils se multiplient à mesure, et pourtant toujours à la hauteur, ils savent parfaitement recomposer en couleur et texture ce que l’esprit, déjà conquis, a su appréhender à la lecture de :

 

chou-fleur
jaune violet vert

ris de veau
marron kiwi miel

courge
noisette grenade sauge

céleri
branche rave truffes

homard
noix de coco limette horchata

lotte
rutabaga pomme gruyère

bœuf
matsutake matsutake matsutake (vous disiez ?)

carotte
érable gingembre raisin

chocolat
noir gianduja mexican

chartreuse
verte

…La dernière touche, c’est vrai, c’était un peu pour se plonger dans l’univers des frères Chartreux, de cette liqueur magique, forte en alcool (55° pour la verte et 30° pour la jaune) mais aussi en plantes et fleurs (plus de 130 espèces différentes en un seul breuvage).

Une fin donc à la mesure du voyage, à la fois puissante et délicate, qui clôt à merveille cette symphonie de goûts et de parfums.


Note après note et morceau par morceau, on assiste dans le documentaire du même nom Note by Note (2007) à la construction d’un Steinway L1037, de la sélection de son bois, sa découpe, au collage, au séchage, au rabotage, au ponçage, au montage minutieux de milliers de pièces jusqu’à l’harmonisation finale et enfin la livraison de l’instrument en salle de concert.

Au fil du temps et sous les yeux fascinés du spectateur le piano à queue prend forme, la carcasse vide du début accueille un mécanisme de plus en plus savant de marteaux, cordes, touches, feutres mais aussi de doigté, réglage et de précision car l’instrument reste presqu’entièrement fait à la main. Le processus de gestation dure douze mois pendant lesquels opèrent des centaines d’ouvriers, d’artisans et de musiciens.
Ils prennent la parole durant le film pour commenter leur travail, leur passion et nous faire entrevoir la naissance d’un chef-d’œuvre.

Le nom est devenu légendaire. Steinway & Sons est créé en 1853 par Heinrich Steinweg, menuisier allemand juif venu de Basse-Saxe et émigré à New York. Pour des raisons pratiques et sans doute une certaine volonté d’intégration il change son nom en Henry Steinway. La maison familiale grandit et devient une société cotée ainsi que la marque réputée de pianos à queue et pianos droits. Seuls deux sites de production distribuent le marché mondial : l’un est à Hamburg en Allemagne, l’autre à New York aux Etats-Unis.


Le documentaire ne perd jamais le rythme, il enchaîne les explications techniques, aux extraits musicaux joués par des pianistes de renom comme Pierre-Laurent Aimard ou Hélène Grimaud.
L’instrument prend corps, vie et on regarde du début à la fin, sous le charme.

Vingt minutes le long du parc, par les rues ombragées, vingt minutes pour laisser tous les petits plaisirs du jour s’imposer; pas mesurés, senteurs naissantes, moments suspendus que rien n’atteint – ma marche du matin.

Elle est faite de rien , et de tout; d’une odeur de terre fraîchement arrosée, d’une couleur d’herbe plus verte, de touches de couleurs éparses et de légers frissons que le vent sur ma peau fait lever.

La chaleur viendra, elle n’est encore qu’une promesse. Calme, la nature donne envie de s’y lover, de rester dans cet entre deux qui sépare un monde de l’autre.