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ImageL’alliance française de Chicago met à l’honneur Beauvoir et la photographie, à travers les clichés de l’artiste américain Art Shay.

La soirée, intitulée Beauvoir et Nelson in Love, sera centrée sur l’exposition du célèbre photographe Art Shay qui, présent lors du vernissage, racontera sa rencontre avec deux figures marquantes de la littérature : Algren et Beauvoir.

On découvre une histoire d’amour et de passion, de fidélité et de trahison, une histoire d’amitié enfin, et toutes ont pour toile de fond les milieux intellectuels de Paris et Chicago au cœur du 20e siècle.

Au fil des images et de la lecture des lettres d’amour du triangle amoureux Beauvoir-Sartre-Algren se proflent des êtres de chair et de sang dont la voix troublante remonte du passé et transcende le temps.

Alliance Française de Chicago – Mercredi 13 février 2013 à 18h30

AF press release

Vernissage and Exhibition with Art SHAY
Lecture of excerpts from De Beauvoir’s letters (in French & English)
With Isabelle David, John Ireland, and students from DePaul University French Dpt.

It is in Chicago that French feminist Simone de Beauvoir met and fell in love with the bad boy of American literature, author Nelson Algren. Art Shay, the great Chicago based photographer and Life Magazine reporter, was there.

Art Shay will also be at the Alliance Française de Chicago for the opening of a special exhibition commemorating not only a celebrated love story but also the world of Nelson Algren, a gritty black and white City of Big Shoulders that is no more.

And because it’s l’Amour….it’s complicated !

Existentialist author Jean-Paul Sartre always stood between Simone De Beauvoir and Nelson Algren, part of an equation taking the shape of a triangle. Art Shay’s testimony will be followed by a reading, in French and in English, of excerpts from letters Simone de Beauvoir wrote to Nelson Algren and Jean-Paul Sartre.

Alliance Française de Chicago – Wednesday, February 13 at 6 :30PM / Free Admission – 54 W. Chicago Avenue


Note après note et morceau par morceau, on assiste dans le documentaire du même nom Note by Note (2007) à la construction d’un Steinway L1037, de la sélection de son bois, sa découpe, au collage, au séchage, au rabotage, au ponçage, au montage minutieux de milliers de pièces jusqu’à l’harmonisation finale et enfin la livraison de l’instrument en salle de concert.

Au fil du temps et sous les yeux fascinés du spectateur le piano à queue prend forme, la carcasse vide du début accueille un mécanisme de plus en plus savant de marteaux, cordes, touches, feutres mais aussi de doigté, réglage et de précision car l’instrument reste presqu’entièrement fait à la main. Le processus de gestation dure douze mois pendant lesquels opèrent des centaines d’ouvriers, d’artisans et de musiciens.
Ils prennent la parole durant le film pour commenter leur travail, leur passion et nous faire entrevoir la naissance d’un chef-d’œuvre.

Le nom est devenu légendaire. Steinway & Sons est créé en 1853 par Heinrich Steinweg, menuisier allemand juif venu de Basse-Saxe et émigré à New York. Pour des raisons pratiques et sans doute une certaine volonté d’intégration il change son nom en Henry Steinway. La maison familiale grandit et devient une société cotée ainsi que la marque réputée de pianos à queue et pianos droits. Seuls deux sites de production distribuent le marché mondial : l’un est à Hamburg en Allemagne, l’autre à New York aux Etats-Unis.


Le documentaire ne perd jamais le rythme, il enchaîne les explications techniques, aux extraits musicaux joués par des pianistes de renom comme Pierre-Laurent Aimard ou Hélène Grimaud.
L’instrument prend corps, vie et on regarde du début à la fin, sous le charme.

Il est assez rare de nos jours d’entrer dans une salle de cinéma comble, et encore plus de lire le générique de fin sous les applaudissements de l’audience. Ce fut le cas cependant pour le dernier film du réalisateur français Michel Hazanavicius – oui, son nom est difficile à prononcer et se lit en cinq mouvements; il faut prendre son temps.

The Artist, est un hommage au cinéma muet et montre les affres d’un acteur à succès, George Valentin alias Jean Dujardin, se voyant reléguer au vestiaire par l’arrivée du cinéma parlant. Une charmante rencontre, Peppy Miller, actrice en herbe, (interprétée par Bérénice Bejo) joue la carte de la modernité, et ravit rapidement la tête d’affiche tout en devenant secrètement l’ange gardien de Valentin dont elle s’est éprise. Accablé par son déclin, Valentin se refugie dans l’alcool et ne trouve plus secours et réconfort qu’auprès de son chien, fidèle terrier auquel il ne manque que….la parole. L’amour de la belle Peppy sauvera le malheureux artiste de sa dépression et c’est aux sons des claquettes que s’achève le film ou plutôt celui que les deux tournent ensemble.

Dujardin est parfait dans son image de beau ténébreux, et la ressemblance à Clark Gable est confondante. Quant à Bejo elle pétille d’entrain durant tout le film.

On notera quelques beaux passages. Par exemple quand les deux acteurs répètent une scène où il doit incarner un personnage autoritaire et où il succombe à chaque séquence de tournage au charme de la jeune fille. Une autre où c’est elle cette fois qui se glisse en catimini dans sa loge et passe voluptueusement les mains dans sa veste imaginant qu’il l’enlace.

L’intrigue est légère, le propos intéressant et l’hommage vibrant. Un film en noir et blanc, muet, aurait par ailleurs pu rebuter un public habitué aux effets spéciaux et à l’action trépidante. Au lieu de cela, il surprend et rafraîchit. Les clins d’œil ludiques, dans la tradition du cinéma muet, sont plein d’humour et volontiers autocritiques.

Le film précédent d’Hazanavicisus, OSS 117, était une parodie de films d’espionnage. Loufoque il m’avait laissé perplexe ; celui-ci m’a séduite. Je me demande maintenant à quel hommage le réalisateur paiera tribut la prochaine fois.

Mais pour l’heure, qu’on se le dise, The Artistest un divertissement aussi esthétique qu’intelligent.